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Le Livre Blanc

#cyberdayinfo. Commandement pour la cyberdéfense : protéger la souveraineté de la France dans le cyberespace


Jacqueline Sala

La prolifération et la diversification des menaces dans l’espace numérique en ont fait un lieu d’affrontements au même titre que la terre, la mer et les airs. Pénétration de réseaux à des fins d’espionnage, prise de contrôle à distance, neutralisation de systèmes : les attaques dans le cyberespace peuvent avoir de lourdes conséquences dès lors qu’elles visent la sécurité des infrastructures et des secteurs vitaux des territoires. De fait, la maîtrise du cyberespace est devenue un enjeu majeur de souveraineté.



Le numérique est un atout au potentiel illimité, dont la contrepartie est la multiplication exponentielle des menaces. Lieu de confrontation où opèrent des adversaires masqués - hackers isolés, groupes d’activistes ou nations - le cyberespace offre l’impunité et permet le développement d’une extrême violence, pouvant déstabiliser voire neutraliser une infrastructure, et demain peut-être, une société


la cyberdéfense devient une « priorité nationale »,

Pour faire face à ce phénomène qui s’accélère et s’amplifie, et en réponse à l’exigence formalisée pour la première fois dans le Livre blanc pour la défense et la sécurité nationale de 2013, qui qualifiait la cyberdéfense de « priorité nationale », le Ministère des armées crée en 2017 le Commandement des forces de cyberdéfense des armées françaises (COMCYBER).

Comme indiqué sur le site officiel du Ministère des armées[[1]]url:#_ftn1 ,

la cyberdéfense « regroupe l’ensemble des activités conduites afin d’intervenir militairement ou non dans le cyberespace pour garantir l’effectivité de l’action des forces armées, la réalisation des missions confiées et le bon fonctionnement du ministère ».


"Aucune opération militaire ne peut aujourd’hui se concevoir ni être conduite sans un volet cyber."

Dans un environnement informationnel toujours plus numérisé, le Ministère des Armées développe en effet des systèmes d’information et de connectivité eux-mêmes de plus en plus sophistiqués, au service de ses grandes missions stratégiques (anticipation, dissuasion nucléaire…) comme de ses systèmes d’armes (aéronefs, bâtiments de combat, sous-marins…). Aucune opération militaire ne peut aujourd’hui se concevoir ni être conduite sans un volet cyber.

Basé à Paris, le COMCYBER opère en étroite coopération avec la Direction générale pour l’armement (qui détecte et accompagne l’innovation, et développe les systèmes d’information) et les services de renseignement français.
Il coordonne l’action de 3400 cybercombattants au sein des armées, spécialistes des technologies numériques.
Avec un objectif de 4000 personnels en 2025, le recrutement se poursuit activement[[1]]url:#_ftn1 afin, entre autres,

  • de trouver des solutions pour durcir les systèmes d’information,
  • détecter les compromissions
  • et piloter des tests d’intrusion,
  • ou encore mener des investigations sur les réseaux sociaux.

« Aujourd’hui, la France choisit de se doter pleinement de l’arme cyber pour ses opérations militaires"

Le COMCYBER a autorité sur trois centres d’expertise cyber (CASSI, CALID et CRPOC)[[1]]url:#_ftn1 . Leur action coordonnée s’inscrit dans une dynamique gouvernementale, avec un partenaire privilégié qu’est l’ANSSI, et dans une stratégie de coopération internationale, au sein de l’UE et de l’Otan.

Aboutissement des efforts de la France pour prendre sa place d’acteur majeur de la défense dans le cyberespace, la Ministre des armées Florence Parly a annoncé le 18 janvier 2019[[2]]url:#_ftn2 que les armées françaises sont désormais dotées d’une doctrine de lutte informatique défensive[[3]]url:#_ftn3 et d’une doctrine de lutte informatique offensive[[4]]url:#_ftn4 .

Ces documents confirment enfin officiellement la volonté de la France de se donner tous les moyens. « Aujourd’hui, la France choisit de se doter pleinement de l’arme cyber pour ses opérations militaires, a conclu la Ministre […] C’est un choix nécessaire, en responsabilité. Nous en ferons un usage proportionné, mais que ceux qui sont tentés de s’attaquer à nos forces armées le sachent : nous n’aurons pas peur de l’utiliser ».

 

Rappel des sources

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