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Le Livre Blanc

#cyberdayinfo. Le Livre Blanc. "Huawei, du rififi dans la cybergouvernance de l’industrie européenne des Télécoms" Agnes Boschet


Agnes Boschet


Le marché européen des Télécoms fait figure d’exception avec une centaine d’opérateurs en présence là où trois ou quatre opérateurs se partagent le marché aux États-Unis ou en Chine. Va-t-on assister à une consolidation sur le marché européen ?

La France quant à elle, profite de l’affaire Huawei pour confirmer la création d’une filière stratégique d’État (4 acteurs et 13.000 entreprises) dédiée aux infrastructures numériques. Lorsqu’il est question de souveraineté européenne en matière de technologie numérique et de data, peut-on encore éviter d’aborder clairement le sujet de la souveraineté européenne des Télécoms ?


Principales dates repères des stratégies européennes

En 2014, Jean-Claude Junker présentait à la Commission Européenne un plan d’action pour développer la 5G assorti de recommandations pour donner plus de pouvoirs aux régulateurs nationaux à partir de 2020.
En 2017, il déclarait que le numérique devait devenir l’ADN de l’Europe avec une 5G créatrice d’emplois et d’activités pour un prévisionnel de 150 milliards annuels.
En mars 2019, le sommet européen a demandé à la Commission européenne de se positionner en faveur d’une politique industrielle qui prenne en compte les enjeux de la 5G, jusqu’à discuter de l’émergence de champions industriels européens à la suite de la non-fusion entre Siemens et Alstom.
Le 1er mars, les ministres des télécommunications invitèrent la Commission à élaborer une stratégie à double finalité qui placerait l’Europe en tête de la cybersécurité et qui permettrait de réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis des technologies étrangères dans ce domaine.
Le 27 juin c’est l’entrée en vigueur de l’acte pour la cybersécurité qui concernera également la 5G
.
Le 9 octobre, le rapport sur l’évaluation des risques est publié et pointe la vulnérabilité de la technologie 5G via un risque de dépendance des opérateurs vis-à-vis de leurs fournisseurs et de leurs infrastructures. Certains pays hors UE représentent une menace pour les intérêts nationaux de certains États membres. Ces acteurs tiers sont les plus enclins à conduire des cyberattaques. Ce rapport désigne tous les fournisseurs d’équipement et laisse les États membres choisir et justifier la voie qu’ils souhaitent prendre.
Fin 2019, nous en étions restés au stade de la rumeur démentie d’un rapprochement entre Orange (41.3Md€) et Deutsche Telekom (75.6Md€) ; pavé dans la marre des réglementations respectives des pays de l’UE.

  • Néanmoins l’UE semble décidée à rattraper son retard en la matière et il est à souhaiter que l’arrivée du tandem Margrethe Vestager et Thierry Breton aux affaires nous surprenne.

A date, le leader chinois des infrastructures 5G est partenaire de bon nombre d’acteurs et l’exclure du déploiement aura un double impact financier et stratégique.

 Cela équivaut à un surcoût de 55 milliards d’euros car c’est aussi l’acteur le moins cher du marché. Sur le plan stratégique, c’est l’assurance de perdre 18 mois en matière de déploiement sur le territoire de l’UE et Nokia n’est pas encore prêt à prendre le relais. Ce vaste appel d’air impacte directement le retour sur investissement de la filière Télécoms européenne, d’autant qu’à l’ère du développement des projets de la smart city, de la smart energy et de l’industrie 4.0 chargés d’IA, cela participera encore à créer l’écart entre les métropoles européennes, les États-Unis et le reste du monde.

Derrière les feux européens de l’affaire Huawei, on semble oublier que la guerre commerciale sino-étasunienne a bien pour fondement la guerre des données et du cyberespace pour le leadership 4.0

Samsung a déjà déployé le premier réseau 5G mondial en Corée du Sud et semble évoluer vers la signature d’un contrat avec les opérateurs Télécom américains Verizon et Cisco, ces derniers n’ayant pas pris le train de la 5G.
Du côté européen, Ericson loin devant, et Nokia ont une carte à jouer et misent sur les partenariats.
  • La bombe à fragmentation Huawei lancée par les États-Unis aura permis à l’UE d’accélérer son calendrier pour une stratégie de cybersécurité qui repose sur l’affirmation d’une autonomie à l’égard des acteurs étrangers des technologies numériques

Auteur : Agnès Boschet. Expert en stratégie de croissance des entreprises, hygiène de la donnée et cybergouvernance.

#cyberdayinfo. Le Livre Blanc. "Huawei, du rififi dans la cybergouvernance de l’industrie européenne des Télécoms" Agnes Boschet
 Diplômée d’HEC Paris et d’un MBA de l’EGE, « Management du Risque, sûreté internationale et cybersécurité » Passionnée par les stratégies de puissances pour la domination.

Co-auteur de l’essai : « Chine digitale, dragon hacker de puissance », VA Éditions, 11.2019
https://www.journaldeleconomie.fr/Pour-un-decryptage-de-l-ecosysteme-digital-chinois_a8167.html
https://www.enderi.fr/L-IA-bel-exemple-de-l-integration-civilo-militaire-chinoise-pour-la-domination_a575.html
https://www.rse-magazine.com/Le-deplacement-du-champ-de-force-dans-le-cyberespace-est-a-l-avantage-des-champions-chinois_a3560.html

Agnès Boschet coordonnera et animera la session du matin des conférences thématiques. Venez la rencontrer !

inscription gratuite sur confirmation
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